Bon… Par où commencer… Ceux qui ont lu mon article sur les dix films ayant forgé mon imaginaire savent que je voue une admiration sans bornes au premier Independence Day de 1996. Ce film est peut-être décrié par beaucoup de personnes, mais il a marqué ma vie comme aucun autre ne l’a fait avant et après. Il a contribué, plus que je ne pourrais le dire, à mon amour de la science-fiction et des histoires impliquant des races extraterrestres. En d’autres termes, j’attendais cette suite depuis vingt longues années, avec autant de ferveur qu’un chrétien attendant le retour de Jésus. Et au moment où je vous écris ces quelques lignes, je suis profondément dégoûtée. Synopsis :

Nous avons toujours su qu’ils reviendraient. La terre est menacée par une catastrophe d’une ampleur inimaginable. Pour la protéger, toutes les nations ont collaboré autour d’un programme de défense colossal exploitant la technologie extraterrestre récupérée. Mais rien ne peut nous préparer à la force de frappe sans précédent des aliens. Seule l’ingéniosité et le courage de quelques hommes et femmes peuvent sauver l’humanité de l’extinction.

Sur le principe, rien de bien original ! L’humanité a botté le cul des aliens dans le premier film, mais ces derniers avaient lancé un appel de détresse juste avant de passer l’arme à gauche. Résultat des courses, vingt ans après les événements de la précédente invasion, la cavalerie débarque à nouveau, bien décidée à nous le faire payer à grands coups de verre pillé. Pourquoi pas j’ai envie de vous dire ! On passera sur le fait que tout se déroule une fois encore sur le sol des États-Unis, car ça ne m’avait pas dérangée outre mesure à l’origine. C’est un film patriotique américain, à prendre ou à laisser, et moi j’ai pris. Bref, avec les technologies d’aujourd’hui, Independence Day : Resurgence avait tout pour séduire sur le papier. Des scènes de destruction mieux maîtrisées, des batailles aériennes plus vraies que nature, et des aliens encore plus moches en CGI moderne ! C’est en tout cas ce que j’imaginais. Mais pas Roland Emmerich manifestement…

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En lieu et place d’un film à couper le souffle, je n’ai vu qu’une sous-production indigne de son prédécesseur vieux de deux décennies. Alors c’est certainement le problème majeur avec les suites de films cultes. C’est casse-gueule. On en attend beaucoup pendant des mois, et puis on se retrouve face à quelque chose qui ne correspond en rien à ce que l’on a pu fantasmer. Il y a sans doute beaucoup de cela ici, et je suis la première à le reconnaître. Néanmoins, de nombreux problèmes existent, que l’on soit fan ou non du préquel de 1996.

Commençons par les personnages, avec deux générations qui se côtoient. La première, celle qui nous a sauvé les miches à l’origine, avec le retour des acteurs de l’époque (Jeff GoldblumBill PullmanVivica A. Fox ou encore Brent Spiner). La seconde, les nouveaux et/ou jeunots, qui vont prendre plus ou moins la relève sur le terrain (Liam HemsworthCharlotte GainsbourgSela WardJessie Usher ou encore William Fichtner). Mais que dire concernant tout ce beau monde… Les anciens font le job, avec deux d’entre eux directement « liés » au retour des affreux, et cela pour une raison totalement capillotractée. Jeff Goldblum est une fois de plus le génie aux commandes, mais son personnage est bien moins convaincant que dans le premier film. Pourquoi ? Aucune idée ! Beaucoup de gens disent que l’absence de Will Smith ne se remarque pas, mais je ne suis absolument pas d’accord. Au contraire ! Le fun de l’histoire reposait en grande partie sur le duo Smith/Goldblum, et son absence ici se fait cruellement sentir. Quand aux jeunes, ils n’ont aucun charisme, ne sont pas bien attachants, et inspirent la même transparence qu’une Miss à la foire aux saucisses. En d’autres mots, là où Independence Day réussissait à nous accrocher à ses protagonistes, Independence Day : Resurgence est d’une platitude désespérante.

Passons aux aliens ! Lors de l’invasion originale, l’arrivée des vaisseaux avait vraiment de la gueule. C’était quelque chose pour les amoureux de SF comme moi. Je pensais donc en prendre plein les mirettes avec les possibilités offertes par la maîtrise actuelle des effets spéciaux. Et bien non… L’engin qui débarque (oui car il est seul) a beau être d’une taille démesurée, au point de recouvrir l’Atlantique, il m’a complètement laissée de marbre. Le pire étant que les principales scènes dantesques sont toutes dans la bande-annonce que vous avez dû voir. Vous aviez l’eau à la bouche en pensant en découvrir plus ? Oubliez ! Tout est dans le trailer ou presque… De plus, je ne vous dis pas tout pour que vous ayez la surprise, mais Emmerich tombe très vite dans la surenchère les concernant, en faisant intervenir deux éléments à la limite du ridicule dans le contexte de l’histoire. Je vous laisse la joie de découvrir de quoi je parle par vous-mêmes.

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Terminons avec les effets spéciaux. Là aussi c’est la débâcle ! Je préfère de loin ceux de 1996, même s’ils ont mal vieilli, parce qu’ils avaient une « âme » et contribuaient à des moment inoubliables. Je ne vois pas comment le dire autrement. Dans Independence Day : Resurgence, tout est énorme et disproportionné, au détriment de la mise en scène. Ils se succèdent sans qu’aucun plan ne marque les esprits, là où les diverses explosions du premier (dont la fameuse scène de la Maison Blanche) sont restées profondément ancrées. Les CGI doivent servir la réalisation, et non l’inverse, mais c’est un point qui ne semble pas poser problème à ce bon vieux Roland. J’en viens même à me demander comment c’est possible que ce soit aussi mauvais, alors qu’il a si bien réussi le premier. On parle du même bonhomme bon sang ! Ces vingt dernières années ne l’ont vraiment pas gâté question sens artistique, tel un George Lucas en perdition avec sa prélogie. Je ne vous parle pas non plus des nombreux plans à vomir, où l’incrustation sur fond vert est tout simplement dégueulasse. Pour un blockbuster de ce budget, c’est impardonnable.

En conclusion, au fur et à mesure des minutes qui s’écoulaient, je me décomposais comme une vieille pomme en plein soleil. Quel gâchis… À des années lumières de son aîné, Independence Day : Resurgence n’est même pas un bon divertissement. C’est une suite vide de sens et d’ambition, qui surfe uniquement sur un premier film devenu iconique, sans jamais lui arriver à la cheville. Et c’est aussi la preuve, s’il en était besoin, que les blockbusters de ces dernières années n’ont plus aucune âme.